Lorsque la Liberté et l'Egalité se croisèrent


Pour ou contre la suppression de la carte scolaire?
Cette question, à la fois aux effluves chimèriques, mais Ô combien importante divise à tous les niveaux de la société et des rangs politiques. Notre enfant doit-il aller à l'école la plus proche de son quartier, même si par ses facultés, il serait judicieux de le placer dans une école capable de répondre à ses attentes intellectuelles et spirituelles ( oui les deux vont de pair)? La réponse à une telle question nécessite que l'on analyse les deux options envisagées par nos responsables politiques:
I- le maintien de la carte scolaire, conduirait aussi invraisemblablement que cela puisse paraître, à un cloisonnement des intelligences par quartiers. Ceci avec deux conséquences: D'une part la pratique engendrera de manière évidente, un cloisonnement des capacités et des talents. Ce cloisonnement aura lui même pour conséquence, au mieux la stagnation des plus doués, plongés dans une école en manque de moyens et de rigueur disciplinaire. Au pire la perte de motivation et la baisse de productivité intellectuelle de ces derniers. Sommes nous prêts au nom de l'égalité à sacrifier quelques lumières dans des écoles diluées en discipline et en moyens?
La deuxième conséquence du maintien dela carte scolaire est en réalité le corollaire du cloisonnement des capacités. Les parents qui n'ont pas assez de moyens pour emménager dans un quartier chic avec belles écoles, mais qui peuvent au prix de quelques efforts acharnés et de nombreux sacrifices,payer des frais de scolarité à leurs enfants dans une école "réputée" en dehors de leur quartier ne pourront le faire. Les parents habitants les beaux quartiers avec belles écoles auront eux le privilège d'inscrire leurs enfants dans des écoles "réputées" qui se trouvent généralement dans les beaux quartiers.
II- La suppression de la carte scolaire, aura quant à elle le même effet, mais dans une dimension autre. Si la première idée engendre une discimination horizontale, liée non plus seulement à la capacité des écoles, mais à la capacité des parents à pouvoir changer de quartier ou pas, la seconde engendre quant à elle une discrimination verticale. Cela signifie que l'on distinguera encore plus que de nos jours des écoles de meilleure qualité et les écoles "poubelles". Les écoles de bonne "réputation" verront leur prestige accroitre puisque loin de faire fuir les personnes qui inscrivaient déjà leurs enfants, elles verront arriver de nouveaux arrivants, issus des classes moyennes et qui ont les possibilités d'y inscrire leurs enfants. Cette dynamique au détriment des écoles moins prestigeuses localisées dans des quartiers moins prestigieux, et souvent des écoles de la république. Non il n'est pas question de sacrifier l'école républicaine.
Loin de ces deux schémas, ne pouvons nous pas envisager une troisième voie? Celle qui consisterait simplement au lieu de cloisonner ou de tout libéraliser, de redorer simplement l'école de la République en la dotant de plus de moyens pour une plus grande efficacité, d'une part. D'autre part, de supprimer la carte scolaire et rompre avec les cloisonnements habituels. Laisser ainsi la chance à ceux qui le souhaitent et le peuvent, de mettre leurs enfants dans l'école de leur choix. A ceux qui ne le peuvent ou qui ne le veulent, laisser la privilège d'inscrire leur enfant dans une école de la République; digne de ce nom avec des moyens et une discipline propre à favoriser l'émulation des intelligences futures au service de la République. Ainsi, par ce croisement, voici la liberté et l'égalité retrouvée au sein de nos écoles.